Sunday, June 1, 2008

Rwaisseh.

Quand j'étais plus "jeune" (je le suis encore... pour un moment...) j'avais des journées où je ne faisais "rien". Je partais dans ma "cabane" et je m'asseyais pendant des heures à faire "rien". Ca m'est toujours venu assez facilement. Je n'avais pas la "bougeotte" et je restais assis a m'"auto-suffire", ne pas avoir besoin de stimulus extérieur (télé, musique, bouquins) pour me sentir "actif".
Mes amis venaient me voir et repartaient en boite ou faire la fête, certains appréciaient ne rien faire, d'autres s'impatientaient, moi j'aimais bien ca.
Je me suis rendu compte depuis quelques jours que ca faisait un moment que je n’avais pas rien fait, des années même.
J'ai donc décidé de prendre ce weekend pour ne rien faire.
J'ai demandé aux gens autour de moi s'ils avaient envie de rien faire avec moi. C'est bizarre les réponses que j'ai eu, en voila un extrait:
"Salut, tu veux rien faire avec moi?"; "Bien sur, on fait quoi?"!
C'est la que je me suis rendu compte, qu'on a une peur viscérale du rien.
Avec l'âge, apparemment, on apprend à s'occuper, a se distraire, surtout a toujours faire quelque chose aussi passif que se soit: voir la télé, écouter de la musique, boire un coup, mais surtout être entrain de faire quelque chose. Le statu quo plait bien. Car ne rien faire, c'est être seul en face de soi; pas d'une manière philosophique mais vraiment être dans le vide, et le remplir de soi. On confond trop le mouvement avec l’action, on pense que si on est en perpétuel mouvement, on est en perpétuelle production alors que beaucoup de ce qu’on fait n’a pour but que de « passer le temps » par peur de se mettre en face de ce rien béat.
Ne rien faire c'est voir une mouche passer et la suivre du regard jusqu'a ce qu'elle devienne encore plus passionnante qu'une finale de coupe du monde.
Mais pour arriver à ca, il faut déjà prendre le risque de rien faire, de s'impatienter, de pas savoir quoi faire, de se dire: "bon je fais quoi?" et de répondre tout simplement : "Rien."
Mon weekend de "rien foutage" a été très dur au début, c'est comme si je cherchais une capacité que j'avais perdue, j'étais déboussolé, comme si on me mettait dans un endroit complètement étranger, alors que j'étais bel et bien dans mon appart avec moi même.
Mais âpres la première phase de « panique », j'ai recommencé à savoir comment ne rien faire, comment jouer avec les doigts de ma main et entendre les notes qui en sortent, comment observer un mur blanc et y voir des tonnes de variations.
C'est comme si je réapprenais quelque technique que j'ai toujours eu en moi mais que j'avais pose quelque part dans ma tête et qui s’est empoussiérée.
J'ai paniqué a un certain moment où je me suis pose la question, et si je n'avais pas rien fait pour les 10 années à venir, est-ce que j'aurai perdu cette capacité complètement, mais la réponse a été immédiate: il y a des choses en nous qui sont marqués comme un tatouage, il suffit juste de leur donner leur chance pour qu'elles reviennent.
J'écris ce post, sur ma balançoire, je regarde mon hamac et je parle avec le vent pour lui demander une petite brise, et il me répond.
Ca fait du bien d'être en soi chez soi.

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